Atelier des alpages – 2017

Atelier des alpages

19 et 20 mai 2017

Maison du Berger (Champoléon, 05)

La problématique qui sera l’objet de l’atelier, déterminée avec l’ensemble des partenaires, est celle de la vulnérabilité.

Cet Atelier vise à regrouper, comme en 2015 dans les locaux de la Maison du Berger, des bergers, des éleveurs, des chercheurs, des techniciens pastoraux ou naturalistes, des élus… pour travailler ensemble pendant un jour et demi à la résolution d’un problème qui nécessite de produire de « l’intelligence collective territoriale » appliquée au pastoralisme.

La méthode de travail testée en 2015 avec succès, devra permettre de mettre chacun « à la tâche » sur un pied d’égalité dans une ambiance conviviale et studieuse afin de produire ensemble des idées et des outils le plus opérationnel possible.

Objectifs

  • Informer, communiquer, sur la vulnérabilité.
  • Sensibiliser aux conséquences des difficultés rencontrées par les bergers principalement et les autres acteurs du pastoralisme.
  • Informer les bergers des possibilités existantes pour prévenir  et limiter leur vulnérabilité : psychologues du travail, apprentissage de l’auto-défense pour répondre aux agressions, verbales et physiques, équipes de soutien pour sortir des addictions.
  • Bien « asseoir » les problèmes rencontrés.
  • Défricher les pistes.

Modalités de travail

Privilégier les temps de participation active en groupes ou individuellement : petits groupes, entretiens individuels, théâtre forum…

Organiser des temps de convivialité, voire de détente pour ne pas sortir épuisés.

Quelques éléments de la problématique

 

Vulnérabilité : caractère vulnérable. Fragilité.

Vulnérable :
- Qui peut être blessé, atteint, frappé (par des coups, par un mal physique). Fragile, sensible.
- Qui peut être facilement atteint, attaqué
Le grand Robert de la langue française, 2° édition, 1986

 

Il ressort que la présence des loups ajoute à l’a vulnérabilité mais qu’elle n’est pas l’unique source de vulnérabilité pour les bergers, les éleveurs et le pastoralisme en général. Par contre sa présence ajoute à la vulnérabilité préexistante, ne serait-ce que par la fatigue qu’elle génère qui renforce la vulnérabilité des bergers.

Le manque de reconnaissance des compétences et de considération pour les professionnels du pastoralisme apparaît comme un point crucial de la vulnérabilité des personnes.

Les « spécificités » du métier se traduisent souvent par une « sur-exploitation » (peut-être par une auto-exploitation de certains éleveurs?). Pour les bergers salariés, la méconnaissance du droit du travail et surtout la difficulté à le faire respecter est une des causes de vulnérabilité. Mais beaucoup de bergers ont le sentiment qu’ils ne peuvent pas s’opposer à leurs employeurs lorsque certains d’entre eux ne respectent pas le droit. Il apparaît que le moment de la négociation du contrat de travail est un moment crucial pour faire respecter ses droits.

Beaucoup de bergers sont corvéables à merci car ils ne savent pas dire non quand il le faudrait. En alpage les bergers sont aussi vulnérables aux risques spécifiques à la haute montagne, vulnérabilité aggravée par la fatigue qui peut conduire à l’usure physique (hanches, genoux…). Avec l’âge la vulnérabilité des bergers semble augmenter : « quand on est jeunes et sportifs on ne court pas après le confort », mais avec l’âge on fatigue des cabanes sans confort et souffre de rester célibataire, solitaire. Les bergers souffrent aussi de voir leur métier dénigré. Ils se sentent dévalorisés et se considèrent parfois comme des « sous-hommes », comme « un maillon manquant entre le chien et l’éleveur ». Il semble que parfois, les bergers sont eux-mêmes, au moins partiellement, responsables de leur vulnérabilité. La plupart du temps les personnes vulnérables s’aperçoivent trop tard (et grâce au regard distancié d’une autre personne) qu’elles sont victimes et elles ont tendance à culpabiliser plutôt que de voir les causes réelles de leur état.

Pour être utile, il apparaît que, au-delà des constats partagés, l’atelier devra se concentrer sur les réponses (même minimes) que l’on est en mesure d’apporter et sur les outils que l’on peut forger en s’y mettant ensemble.

 

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