Petit manuel du berger d’alpage – 2015

Le Petit manuel du berger d’alpage a été conçu et rédigé avec l’aide de plusieurs berger.e.s. Il est destiné à faciliter la préparation et le bon déroulement de l’estive, mais également aux visiteurs de l’alpage curieux d’en savoir davantage sur ce métier.

 

Objectif : préserver et conforter le plaisir, voire la passion, qu’on éprouve à garder un troupeau en estive. Car le plaisir de passer une saison près des cimes auprès des brebis est une des principales motivations des berger-e-s d’alpage. Ceci sans perdre de vue que « faire le berger » implique un mélange de prudence, d’humilité, de respect de soi et des autres, d’amour, de soins et de respect des animaux que l’on vous confie, de savoirs et de savoir-faire divers, de techniques et de valeurs, révélés au fil des pages… et des jours.

Car il est vrai qu’à tout âge le berger a toujours à apprendre de la montagne, du troupeau et de son métier.

Le manuel est le fruit en partenariat avec la Maison du Berger et l’association des bergères et bergers de Provence et des Alpes du Sud.

Ce projet a reçu le soutien de la Fondation de France dans le cadre du programme  « Hors-piste », ainsi que celui du LabEx Item et de l’association AgriNature.


Petite histoire du Petit manuel…

(Extrait de la Lettre aux bergers)

Tout a commencé début 2015 par une idée porté par quelques adhérents d’Aspir qui se transforme en envie partagée avec quelques berger-e-s, certains de leurs amis et la Maison du berger.

Regroupés au sein d’un collectif de citoyens désireux d’apporter leur soutien aux activités pastorales, Aspir décide de recueillir au sein d’un petit manuel les infos utiles aux bergers, et particulièrement aux débutants.

Drôle d’idée de vouloir mettre dans un bouquin les savoir-faire de berger-e-s en alpage. Pour beaucoup, berger ça s’apprend au cul des brebis, sur le terrain… ou, à la rigueur, dans des formations spécialisées mais pas dans un livre. Encore plus biscornu de choisir de faire ce livre avec les premiers intéressés, les bergers eux-mêmes dans leur diversité et non à dire d’experts.

Notre objectif est simple : faire en sorte que les nouveaux bergers d’alpage trouvent en débutant dans le métier ce que les plus anciens auraient aimé trouver quand ils ont démarré. Et que leurs amis découvrent tout ce qu’ils auraient aimé savoir sur le métier des bergers qu’ils croisent sur les alpages sans jamais avoir osé leur demander. La Maison du Berger a tout de suite soutenu le projet, persuadée de l’importance de la démarche et de l’utilité d’un manuel pour les débutants, mais aussi pour les plus chevronnés conscients que ce métier n’en finit jamais de s’apprendre. Ce manuel contribuerait à répondre à la demande d’échange d’expériences et d’informations que beaucoup constatent de la part des professionnels. Cardère, éditeur spécialisé dans le pastoralisme et la poésie, propose son appui. La Fondation de France se dit intéressée et prête à soutenir moralement et financièrement la démarche. L’association Agrinature est disposée à assurer le relais de trésorerie et à contribuer financièrement. Ça démarre bien !

On se met d’accord sur une méthode : avant l’estive, un prototype est offert à la lecture des bergers en situation, c’est-à-dire en alpage. On recueille leurs critiques et propositions, on les invite à venir en discuter ensemble à la Maison du berger à la descente d’alpage… et, à partir de ce retour d’expérience, on recommence à zéro pour finaliser un manuel validé par la pratique.

Le manuel, ni bible ni encyclopédie !

Sauf qu’un manuel sans l’Association des bergers n’aurait pas eu de sens. Alors, Aspir, dont plusieurs membres sont également adhérents de l’association des berger-e-s, présente le projet au CA de l’Association.et explique les objectifs et la démarche : le manuel ne sera ni une bible, car il n’y a pas une seule manière de « faire berger », ni une encyclopédie, parce qu’on ne peut pas tout dire d’un métier quel qu’il soit dans un bouquin. L’idée est simplement de proposer un aide-mémoire facile d’usage sur l’alpage, qui ne remplacera pas l’apprentissage de terrain… On discute, on argumente… et très vite, le CA décide que c’est une bonne idée!

Le partenariat prend forme. Le sommaire est défini. Les articles commencent à rentrer. Lucie, Francine, Mathieu, Laurent… membres de l’Association des bergers, mais aussi André, Leïla, Aurore, Bernadette, Valentine, Margot, Fernand, Marie, Émilie… autant de bergères et bergers plus ou moins expérimentés, rédigent des contributions très riches. Il faut en relancer certains, corriger les textes, les compléter par des analyses de chercheurs, des témoignages, les illustrer avec le concours de André Leroy et de Alexis Nouailhat, les mettre en page, faire imprimer le tout… et faire tout ça très vite pour que le manuel sorte dans l’été.

Pari gagné après quelques sueurs froides ! Mi-août 2015, on envoie un premier lot aux bergers dont on connaît l’adresse. Les demandes de bergers affluent. Plusieurs d’entre nous font le tour des alpages des Hautes-Alpes et distribuent le manuel aux bergers qu’ils rencontrent sur leur alpage ou les confient à des messagers qui leur remettent. Au total, 550 exemplaires sont diffusés gratuitement en quelques semaines. Les premiers retours sont parfois critiques, souvent positifs et constructifs. Des propositions d’évolution commencent à affluer.

Un Atelier des alpages pour un manuel revu et corrigé

On donne rendez-vous aux volontaires pour venir en discuter ensemble à la Maison du berger début novembre. Finalement, nous serons une soixantaine de bergères et de bergers, débutants ou expérimentés, de techniciens pastoraux, de chercheurs, de sympathisants… et même un pasteur protestant et une chercheure émérite du CNRS à relever nos manches au cours de l’Atelier des alpages consacré à l’amélioration du prototype de manuel. Une soirée mémorable ponctue le travail. Un bon moment avec de joyeux drilles ! Les berger-e-s ont du talent !

Elise Turquin qui a coordonné la préparation de l’atelier met en forme la récolte : des contributions individuelles, le résultat des groupes de travail, les décisions validées collectivement… Forts de toutes ces contributions, on se remet de plus belle à la rédaction avec une équipe élargie qui compte maintenant une centaine de contributeurs.

Toutes celles et tous ceux qui ont consacré bénévolement du temps à écrire ou raconter leur expérience avec le souci de la partager, démontrent que, dans notre monde marchandisé à outrance, les berger-e-s savent donner sans compter pour contribuer à l’intérêt général en partageant leurs savoirs, leurs trucs et leurs astuces pour éviter aux copains moins expérimentés de galérer sur l’alpage et forger un outil de reconnaissance de leur métier.

N.B : fin avril 2017, sortie de la nouvelle version, le Manuel des bergers d’alpage

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